2029-09-29 : Soutenance de thèse Garance Treps

Soutenance de thèse Garance Treps 29 semptembre 2026

Garance Treps à le plaisir de vous annoncer sa soutenance de thèse : Local Determinants of Sustainable Food Demand: Evidence from School Catering and Households in France Les déterminants locaux de la demande alimentaire durable : enseignements des cantines scolaires et des ménages en France

Treps Garance

 

Date : 29 septembre 2026 à 13h

Lieu : salle C2.0.37, campus d’AgroParisTech

Composition du jury :

·         Carine STAROPOLI, Professeure, Université de Rouen Normandie : Rapporteur & Examinatrice

·         Marie-Benoît MAGRINI, Ingénieure de recherche, INRAE (Centre Occitanie-Toulouse) : Rapporteur & Examinatrice

·         Alban THOMAS, Directeur de recherche, INRAE (Centre Lyon-Grenoble-ARA) : Examinateur

·         Ronan LE VELLY, Professeur, L’Institut Agro-Montpellier : Examinateur

·         M’Hand FARES, Directeur de recherche, INRAE (Université Paris-Saclay) : Examinateur

 

Résumé :

La transition vers des systèmes alimentaires durables suppose que la demande soutienne les changements de production. Pourtant, les préférences des consommateurs et les objectifs nationaux ne se traduisent pas automatiquement par des achats durables. Cette thèse examine comment les conditions locales façonnent la demande alimentaire durable en France dans deux contextes : la restauration scolaire municipale et la consommation des ménages. Elle élabore un cadre commun articulant motivations internes, incitations externes locales et contraintes économiques.

La première partie porte sur les achats alimentaires durables des communes pour les écoles maternelles et primaires. La loi EGalim impose des objectifs nationaux communs, mais leur mise en œuvre demeure très hétérogène. Le premier chapitre examine cette hétérogénéité à partir d’une enquête originale menée auprès des communes françaises, complétée par des données agricoles, électorales et socio-économiques. Les achats durables dépendent de l’organisation du service, de l’offre agricole locale et des préférences politiques. Ces facteurs interagissent : une offre adaptée ne suffit pas si les conditions politiques et organisationnelles ne permettent pas sa mise en œuvre.

Le deuxième chapitre analyse l’effet de la mise en place de pratiques de durabilité sur le coût moyen des repas, à partir des mêmes données. Une typologie des communes est établie en fonction de leur engagement dans diverses pratiques durables. Aucune augmentation des coûts liée à cet engagement n’est révélée. Leurs variations sont plutôt associées aux caractéristiques structurelles et organisationnelles des services. La transition n’est pas sans coût pour autant : les communes semblent absorber les surcoûts en combinant des pratiques compensatoires, en ajustant les menus, les portions, les achats ou l’organisation du service.

La deuxième partie examine les achats biologiques des ménages à l’aide des données Kantar Worldpanel pour la période 2011-2017, appariées à des indicateurs locaux de l’offre biologique. Elle estime d’abord les premiums biologiques communaux en fonction de l’offre locale, puis examine comment l’offre et les prix locaux façonnent les achats. Les achats sont davantage associés à la présence d’opérateurs biologiques en aval qu’aux surfaces agricoles biologiques locales, ce qui suggère que l’accès à une offre biologique transformée et distribuée a un impact plus important que la proximité de la production.

Dans l’ensemble, cette thèse démontre que l’efficacité des politiques axées sur la demande dépend des conditions spécifiques dans lesquelles les acheteurs prennent leurs décisions et qu’elles peuvent entraîner des transitions sélectives aux plans social et géographique. Les instruments politiques actuels sont principalement adoptés par les ménages disposant d’un pouvoir d’achat suffisant et d’un accès à l’offre, ainsi que par les communes bénéficiant déjà de chaînes d’approvisionnement solides, d’un soutien politique et de capacités administratives. Le défi pour les politiques publiques consiste donc à garantir que la transition touche tous les ménages et tous les territoires, plutôt que de profiter principalement à ceux qui sont déjà engagés, économiquement favorisés ou situés dans des environnements propices. Des objectifs nationaux uniformes restent nécessaires, mais leur mise en œuvre doit tenir compte des contraintes inégales rencontrées au niveau local. Une transition alimentaire durable doit donc combiner des interventions axées sur la demande avec un renforcement des capacités et un soutien différencié afin de remédier aux contraintes économiques et territoriales qui, sans cela, reproduiraient ou aggraveraient des inégalités existantes.