Soutenance de Thèse Alice Lyonnet - 6 mai 2026 à 13h30

Soutenance de Thèse Alice Lyonnet - 6 mai 2026 à 13h30

Titre de la thèse : Le travail managérial comme levier d’ambidextrie et d’innovation organisationnelle dans le développement d’une offre de produits et services durables : le cas de la restauration collective d'entreprise

lyonnet alice

 

Le 6 mai 2026 à 13h30, Alice Lyonnet soutiendra sa thèse intitulée : Le travail managérial comme levier d’ambidextrie et d’innovation organisationnelle dans le développement d’une offre de produits et services durables : le cas de la restauration collective d'entreprise

Composition du jury : 
  • Sandrine Costa,  Chargée de recherche (HDR), INRAE (centre Occitanie-Montpellier) Rapporteur & Examinatrice
  • Johann PETIT, Maître de conférences (HDR), Bordeaux INP Rapporteur & Examinateur
  • Florence CHARUE-DUBOC, Directrice de recherche, CNRS (IPP) Examinatrice
  • Sylvain LENFLE Professeur, CNAM Examinateur 
  • Lydiane NABEC, Professeure, Université Paris-Saclay Examinatrice

 Encadrée par Gwenola Yannou Le Bris (UMR SAYFOOD, INRAE) Marianne CERF ( SADAPT, INRAE) et Chloé le Bail (LISN, CNRS) 

Lieu : 

Campus Agro Paris-Saclay, salle C1.O.06 

> lien zoom : https://inrae-fr.zoom.us/j/6170675174?omn=96878635729

Résumé : 

Dans un contexte de dégradation des conditions environnementales et sociales, les organisations économiques et sociales sont de plus en plus sollicitées, en particulier par des acteurs politiques et de la société civile, pour accroître la durabilité de leurs pratiques et de leurs offres de produits et de services (OPS).Cependant, les actions conduites par les équipes de management pour opérationnaliser des changements dans les structures et le fonctionnement de ces organisations restent peu étudiées. Cette thèse propose un cadre conceptuel original, à l’intersection des sciences de gestion et de l’ergonomie, pour analyser comment, au-delà des approches prescriptives et normatives, le travail managérial opérationnalise la transformation organisationnelle (TO) permettant d’accroître la durabilité de l’OPS. Partant de l’idée que le travail managérial est théoriquement considéré comme un levier majeur du changement, nous montrons comment s’opère la construction d’une OPS durable et comment se remodèle l’organisation à travers le travail managérial réalisé pour gérer les tensions entre continuité et transformation, entre exploitation et exploration. À travers deux études de cas longitudinales et contrastées dans la restauration collective — un secteur dans lequel les contraintes opérationnelles rendent cette tension particulièrement visible —, nous analysons comment cette TA s’articule autour de trois sous-actions en tension : les routines évolutives, l’adaptation contextuelle, et la construction d’une OPS durable. 

Nos résultats montrent que le travail managérial de TO repose sur la mobilisation, la création et la régulation des ressources entre ces trois domaines, ainsi que sur un travail de conception des trajectoires d’innovations organisationnelles. Ce travail conditionne l’ancrage — ou non — des innovations dans les routines et la possibilité d’une transformation pérenne. L’étude met également en évidence l’évolution de l’ambidextrie organisationnelle dans le temps, appréhendée comme une dynamique incarnée, ainsi que des formes variées (réseau, temporelle, contextuelle) et des stratégies d’adaptation permettant de composer avec les tensions.

Ces résultats ouvrent la discussion sur le travail managérial et les dynamiques de TO associées à la création d’OPS durables. Dans notre champ d’étude, le travail managérial apparaît souvent contraint par des limites structurelles, notamment des ressources restreintes, qui façonnent les trajectoires de TO. Il doit composer avec le paradoxe de « changer sans changer » : préserver la stabilité nécessaire à l’exploitation tout en engageant des démarches d’exploration. La TO observée procède davantage d’une logique additive que substitutive : les nouvelles pratiques durables s’ajoutent aux routines existantes sans les remplacer, entraînant une intensification du travail et une complexification des arbitrages. Ces éléments permettent de discuter la capacité des organisations à transformer leur OPS vers la durabilité à travers des trajectoires fragmentées et cumulatives, par lesquelles une OPS durable peut progressivement émerger. Ils soulignent enfin que la réussite de cette transition est indissociable de la soutenabilité du travail managérial lui-même, souvent fragilisé par la charge de conception de la TO invisible, tout en confirmant la pertinence du cadre conceptuel proposé pour saisir ces transformations complexes.