PlantCoopLab 2021-2024

PlantCoopLab 2021-2024

Le projet PlantCoopLab vise à montrer en quoi les relations plantes-humains, à l’aune du travail et de l’agentivité, sont une composante essentielle des pratiques d’écologisation pour produire des nourritures durables. Il est conduit sur la base d’ateliers inter- et transdisciplinaires avec une diversité d’acteurs.

En savoir plus : voir le site du projet PlantCoopLab

 

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Résumé : Le projet PlantCoopLab est le premier projet financé en France pour étudier les relations plantes-humains dans le contexte de l’alimentation durable, c’est-à-dire dans un contexte habituellement conçu comme devant nécessairement soumettre le végétal à des logiques instrumentalisantes et utilitaristes. Il entame une réflexion entièrement nouvelle à l’INRAE puisqu’il considère les plantes en tant qu’entités dotées d’autonomie (agentivité) avec qui il s’agit de coopérer. L’entrée par le travail permet d’inscrire la réalité agentive au premier plan, là-même où des coopérations productives sont à l’œuvre. Le projet remet ainsi en scène les relations plantes-humains qui sont au fondement de l’agriculture et qui n’ont que récemment été reléguées au second plan des objectifs de production, voire occultées. Il vise à montrer en quoi ces relations sont une composante essentielle des pratiques d’écologisation pour produire des nourritures durables et peuvent servir de modèle pour concevoir des Solutions fondées sur la Nature dans le contexte propre à l’agriculture. Ce projet en SHS repose sur une démarche interdisciplinaire et transdisciplinaire menée avec des chercheurs et des praticiens. Il est financé par la Fondation Daniel et Nina Carasso (2021-2023) et fait l’objet d’une collaboration inter-unités du département ACT (SADAPT et Innovation) en partenariat avec l’Université de Limoges.

Contexte et enjeux : Le "tournant végétal" du 21ème siècle incite à revisiter le statut et les représentations multiples des plantes et à leur reconnaître une part d’ « agentivité », ou autonomie, au-delà de simples capacités conditionnées. Cette attention nouvelle aux plantes est source de questionnements éthiques et porteuse d'enseignements et d'innovations pour accompagner l'évolution des pratiques productives et des comportements alimentaires plus sensibles aux relations avec le vivant. La prise en compte de la « cause végétale » permet de souligner le décalage entre une accélération de l’exploitations extractiviste des végétaux et les préconisations de respect de l’environnement et des animaux. Elle interroge les normes énonciatives et les ontologies performatives qui font sortir les plantes d’un registre instrumentalisant et restituent des relations qualitatives de coopération dans les pratiques. Plus largement, elle ouvre une réflexion sur les ontologies énonciatives de sens et de valeur dans les « objets » de recherche et sur la signification anthropologique des crises globales recouvertes par l’idée de changement écologique.

Démarche de recherche : Le projet PlantCoopLab mène une recherche interdisciplinaire en SHS (anthropologie, écosémiotique, ethnographie, sociologie, philosophie). Il prend appui sur un séminaire de recherche transdisciplinaire sous la forme d’ateliers-débats avec des praticiens et des chercheurs. Au lieu de mener des enquêtes individuelles, il s’attache à réunir des acteurs motivés par la question des relations avec les plantes avec lesquels il crée une dynamique collective de discussion à partir de questions thématiques. Trois éditions ont eu lieu depuis sa création. La première en 2021 avait un format mixte webinaire / atelier-débat à l’Université de Limoges et était consacrée à l’extension du travail au-delà des êtres humains. La seconde en 2022 s’est déroulée sur la ferme de Sainte Marthe (Sologne) et s’est attachée à la considération de l’activité végétale dans le champ du travail. La troisième en 2023 s’est tenue sur le domaine de Balbuzard (Puy-de-Dôme) à l’invitation de l’Association Française des Cueilleurs (AFC) et visait à faire émerger une vision des relations sensibles avec les plantes dans le travail de cueillette.

Réalisations : Le projet PlantCoopLab s’est doté d’un site internet où sont relayées ses productions. Deux notes de synthèse sont déjà parues et une troisième est en préparation ainsi qu’un ouvrage de synthèse. Plusieurs communications et publications auprès des communautés scientifiques ont aussi vu le jour. Un stage de master 2 a permis d’explorer la place des trognes dans les pratiques alimentaires. Le projet a égaglement été partenaire dans l’organisation d’un Workshop Interdisciplinaire Paris Saclay « Ontologies végétales en recherche » (juin 2023) en collaboration avec le laboratoire Ecologie Systématique Evolution (ESE, Université Paris Saclay) et la Maison des écologies d’Orsay.

Perspectives : Le projet PlantCoopLab vise une production de connaissances transformatives. Il s’attache à faire émerger une vision synthétique pour la rendre accessible à une grande diversité d’interlocuteurs et proposer des recommandations pour la recherche et l’enseignement. Son ambition est de sortir de l’invisibilité les relations avec les plantes et de montrer que celles-ci sont des composantes fondamentales du sens que les travailleurs des plantes trouvent et apportent dans leur travail. Il entend ainsi participer à une réappropriation par les acteurs de leur propre capacité à privilégier des logiques relationnelles avec les plantes et les milieux.

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Membres du projet
•    Equipe Proximités, UMR SADAPT, INRAE, AgroParisTech, Campus Agro Paris Saclay
Romain Melot, directeur de recherche INRAE, sociologie
Florence Pinton, professeure AgroParisTech, sociologie,
Sylvie Pouteau, chargée de recherche INRAE, philosophie
Giulia Volpini, stage de master M2, sociologie (2022)

•    Equipe Animals’ Lab, UMR Innovation, INRAE, SupAgro Montpellier
Aurélie Javelle, ingénieure de recherche Institut Agro Montpellier, ethnologie
Sébastien Mouret, chargé de recherche INRAE, sociologie
Jocelyne Porcher, directrice de recherche INRAE, sociologie
Maria-Fernanda de Torres, chercheure associée, anthropologie

•    Espaces Humains et Interactions Culturelles, Université de Limoges
Nicole Pignier, professeure, sémiotique

Viola Di Tullio, doctorante italienne en "visiting period" pour 6 mois

Coordination du projet :

Sylvie Pouteau (philosophie), Université Paris-Saclay, INRAE, AgroParisTech, UMR Sadapt. Membre externe Equipe Animals’ Lab, UMR Innovation

Financement : Fondation Carasso

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Partenaires : UMR Innovation Montpellier, Université de Limoges

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